Hêtres tortueux - La Bletterie / Pierre-Châtel

Hêtres tortueux - La Bletterie / Pierre-Châtel

L’ENS Hêtres tortueux tient son caractère remarquable du fait de la présence d’un certain nombre d’alignements de hêtres tortueux.
Commune : Saint-Nicolas-des-Biefs

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Les hêtres tortueux sont des fayards (Fagus sylvatica), vieux de près de 400 ans, qui ont adopté des formes noueuses et tordues à souhait. Leur aspect si particulier est principalement le résultat d’une technique ancestrale d’entretien et de renforcement des haies vives : le plessage.

L’alignement principal, le chemin des Creux, est constitué de sujets monumentaux. C'est le plus ancien vestige de haie plessée des Monts de la Madeleine et probablement même de France.
On peut rencontrer sur l’ENS quelques individus solitaires mais, le plus souvent, ce sont de remarquables alignements qu’on retrouve le long des chemins ou en bordure de parcelle.

Cet ENS inclut également la Pierre-Châtel, escarpement rocheux et lieu pittoresque qui offre un paysage saisissant.

La technique du plessage

Voir l'image en grandPratiqué par les communautés paysannes, cette technique était utilisée pour l'entretien de la haie, comme l'élagage. L'une ou l'autre était choisie en fonction de l'usage de la haie. Le plessage consistait à entailler à leur base les pieds d’arbustes, puis a les incliner dans le sens du vent selon un angle de 30° à 45° et a les entrelacer entre des pieds de végétaux laissés en place ou, à défaut, entre des piquets.

Cette pratique avait pour but de rendre les haies plus denses et plus solides pour en faire une clôture, car la branche entaillée ne mourait pas : la partie couchée continuait à vivre et d’autres pousses repartaient du pied.

Une pratique disparue

Par manque de main d'œuvre, l'entretien des haies plessées est progressivement abandonné avant de disparaître de manière définitive suite à l'exode rural des années 60.
Les arbres épargnés ont quant à eux continués leur croissance et ont produit des souches devenues de véritables troncs pliés qui attestent de la technique du plessage.

Des richesses inestimables

Intérêt écologique

Voir l'image en grandL’ENS abrite seize habitats naturels dont un habitat d’intérêt prioritaire : forêts de Frênes et d’Aulnes des ruisselets ainsi que deux habitats d’intérêt communautaire : Hêtraies acidiphiles montagnardes à Houx et prairies maigres de fauche.
Faune :
70 espèces d’oiseaux ont été inventoriées dont 54 sont nicheuses.
Parmi les espèces présentes sur le site on peut citer : Gobemouche gris, Grimpereau des bois, Pic épeiche, Pigeon colombin, Gros-bec casse-noyaux, Bouvreuil pivoine, Bruant fou, Mésange nonnette, Pipit des arbres, Linotte mélodieuse, Bergeronnette des ruisseaux…
211 espèces de coléoptères ont été identifiées parmi elles 35 sont inféodées aux vieux feuillus, leur présence est donc fortement liée aux hêtres tortueux.
Plusieurs espèces de chauve-souris ont également été recensées, celles-ci affectionnent particulièrement les zones dégagées propices à la chasse de leurs proies.

Intérêt culturel

Le site est chargé d’histoire. Plusieurs éléments du petit patrimoine vernaculaire sont présents et concernent plus particulièrement l’eau (pont et serves), les croyances (croix et oratoires), les limites foncières (murets en pierres sèches, anciennes haies plessées) ainsi que les activités passées (traces de quinaudes). Ce patrimoine confère à l'ENS des Hêtres tortueux un caractère pittoresque bien visible.

Intérêt paysager

Voir l'image en grandL'ENS abrite également de nombreux éléments structurant le paysage. La Pierre-Châtel a une forte valeur paysagère. De son sommet, s'ouvre en effet un panorama grandiose sur les Monts de La Madeleine et bien au-delà.

On peut également apercevoir çà et là différentes traces de quinaudes dans les bois et plus précisément dans ceux de hêtres charbonniers. Il s’agit de larges cercles de terre noire qui sont d’anciens lieux de fabrication du charbon de bois. Ainsi, les hêtres étaient coupés à leur base, la souche rejetait alors en plusieurs rameaux qui, lorsqu’ils étaient assez gros, étaient de nouveau coupés. Ces tailles successives ont laissé aux hêtres charbonniers des formes qui leur sont caractéristiques : large souche d’environ 50 cm de haut avec des rejets plus jeunes. Les nombreux vestiges de charbonnières dans les hêtraies de l’ENS sont le reflet d’une intense exploitation de ces bois.

Les partenaires

Le Département de l'Allier s'appuie en partie sur les collectivités locales pour mettre en place sa politique Espaces Naturels Sensibles.

C'est ainsi que le Syndicat Mixte des Monts de la Madeleine s'est engagé dans la maîtrise d'ouvrage locale de la mise en oeuvre des actions sur l'ENS Hêtres tortueux.